RDC : Ebola poursuit sa marche meurtrière, près de 1 700 morts, Africa CDC presse Kinshasa d’accélérer la riposte.

Alors que les autorités congolaises intensifient les contrôles sur l’utilisation des fonds mobilisés pour lutter contre Ebola, les acteurs de la riposte appellent à une accélération des interventions sur le terrain face à une épidémie qui continue de s’aggraver. Plus de quatre-vingts jours après la déclaration de la flambée d’Ebola de type Bundibugyo, le bilan humain approche désormais les 1 700 décès, tandis que les provinces affectées restent confrontées à une circulation persistante du virus.
À Kinshasa, l’attention se porte principalement sur la traçabilité des ressources financières consacrées à la riposte. Les autorités entendent faire toute la lumière sur l’utilisation des millions de dollars engagés dans la lutte contre l’épidémie, dans un contexte marqué par des interrogations sur la gouvernance et la transparence des financements.
Pendant ce temps, sur le terrain, les équipes sanitaires poursuivent leurs efforts dans un environnement particulièrement difficile. À Bunia, épicentre de l’épidémie en province de l’Ituri, les professionnels de santé restent mobilisés pour freiner la propagation du virus et renforcer la prise en charge des personnes touchées. C’est dans cette dynamique que le directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, est arrivé mardi 4 août 2026 à Bunia pour une mission d’évaluation de la riposte. Accompagné des équipes de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et d’autres partenaires techniques, il entend évaluer les stratégies mises en œuvre et identifier les ajustements nécessaires pour renforcer l’efficacité des interventions.
Dans un message publié sur son compte X, Jean Kaseya a souligné que cette mission intervient à un moment déterminant de la lutte contre l’épidémie. « Plus de 80 jours après le début de l’épidémie de maladie à virus Ebola de type Bundibugyo, je suis arrivé à Bunia aux côtés de nos collègues de l’OMS pour faire le point sur la riposte et identifier clairement ce qui doit encore changer. Nous sommes ici pour écouter les communautés et les équipes en première ligne, évaluer ce qui fonctionne et accélérer l’action là où la riposte doit être renforcée », a-t-il déclaré.
Le responsable d’Africa CDC estime que la priorité demeure le renforcement des actions de terrain. Il insiste notamment sur l’amélioration de la détection précoce des cas, le suivi rigoureux des personnes contacts, la protection du personnel de santé ainsi que le rapprochement des services de dépistage et de prise en charge des populations exposées. Cette approche intervient alors que le débat sur la gouvernance financière prend de l’ampleur à Kinshasa. Si les autorités considèrent indispensable de garantir une gestion transparente des ressources allouées à la riposte, les partenaires sanitaires rappellent que cette exigence ne doit pas retarder les interventions destinées à contenir l’épidémie.
Face à un bilan humain qui approche les 1 700 décès, les spécialistes estiment que la transparence financière et l’efficacité opérationnelle doivent désormais évoluer de manière complémentaire. Pour eux, la réussite de la riposte repose autant sur une gestion rigoureuse des ressources que sur une mobilisation rapide et renforcée des équipes engagées sur le terrain afin d’interrompre la chaîne de transmission du virus.
La rédaction



